Cécilia

Publié le par .

Cécilia


« On ne m'empêchera jamais d'essayer de soulager la misère du monde, dans quelque pays que ce soit »

Depuis la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien à laquelle elle a largement contribué, Cécilia Sarkozy est restée sur sa réserve. Aujourd'hui, « choquée par l'utilisation médiatique de ce drame humain », elle a décidé de faire une mise au point et d'éclairer les Français sur sa mission réussie en Libye.

 

Propos recueillis par Yves DERAI

 

-         Pourquoi sortir du silence maintenant ?

-         Je suis choquée que certains médias utilisent ainsi un drame humain et exploitent la souffrance de femmes, d'enfants et des familles. Ce qui s'est passé lors de ma mission en Libye n'a rien à voir avec des polémiques droite-gauche. Pour ma part, je me suis concentrée sur la libération des infirmières et sur ces enfants qui vivent un enfer depuis 8 ans. Avant d'aller en Libye, je n'avais pas mesuré ce qu'enduraient les enfants malades, je pensais d'abord aux infirmières bulgares et au médecin palestinien. On ne m'empêchera jamais d'essayer d'aider ou de soulager la misère du monde, dans quelque pays que ce soit.

-          

-         Pourquoi avez-vous réussi là ou d'autres avaient échoué avant vous ?        

- Je ne sais pas comment ont procédé d'autres. Moi, je suis arrivée sur place en tant que femme, en tant que mère, sans forcément m'attarder sur la complexité des relations internationales, mais avec la ferme intention de sauver des vies. Le seul sujet que j'ai abordé avec les dirigeants libyens, c'est la tragédie humaine. Le colonel Kadhafi a eu en face de lui une femme qui se consacrait exclusivement aux enfants de l'hôpital de Benghazi que j'ai visité, aux familles des victimes que j'ai rencontrées, aux infirmières et au médecin emprisonnés.

 

« J'ai négocié sans relâche pendant 50 heures »

 

-         Comment se sont passées les discussions avec le Colonel Kadhafi qui peut parfois se montrer imprévisible ?           

-         Nous avons parlé en anglais et en tête-à-tête, sans interprète. Je pense qu'il a compris qu'avec moi, il pouvait faire un geste humain susceptible d'améliorer son image. Mais je n'ai pas eu de discussions qu'avec lui. J'ai négocié sans relâche pendant 50 heures avec tous les dirigeants libyens concernés par le dossier.

-          

-         Quelles contreparties avez-vous proposées pour obtenir gain de cause ?

-          

-         A mon niveau, il ne s'est agi que de contreparties d'ordre médical. J'ai offert à l'hôpital de Benghazi des médecins chargés de former leurs homologues libyens, des équipements, des traitements contre le Sida et des visas rapides pour que des cas urgents puissent venir se faire traiter en France. Il y a notamment un petit Ramadan Mohamed Saleh qui a déjà été opéré du coeur à deux reprises et qui doit subir une nouvelle intervention. Dès que l'hôpital de La Timone, à Marseille, donnera son feu vert pour accueillir Mohamed, lui et sa famille auront leurs visas. Je compte tenir mes engagements, je suis l'évolution de tous les enfants contaminés.

-          

-         Comptez-vous retourner en Libye prochainement ?

-          

-         Si cela est nécessaire. Tout dépend de la manière dont les choses évoluent.

-          

- Pourquoi ne pas vous rendre à une audition de la commission parlementaire ?

- Celle-ci n'est pas constituée mais comme cela a été expliqué, je crois que ça n'est pas ma place. Je tiens cependant à faire la lumière sur mon rôle dans cette affaire, voilà pourquoi j'ai accepté de vous parler.

 

« Toute ma vie, j'ai aidé les gens qui souffrent »

 

-         Quels enseignements tirez-vous de cette première mission en qualité de première dame de France ?

-          

-         Dans mon esprit, je n'ai pas voulu jouer un rôle de « First lady », j'ai simplement, avec mes moyens, contribué à débloquer une situation. Toute ma vie, j'ai aidé les gens qui souffrent : je ne vais pas changer aujourd'hui. Je suis heureuse d'avoir pu apporter du soutien à des enfants et à leurs familles dans la douleur.

-          

-         En vous écoutant, on comprend maintenant quel rôle vous comptez jouer dans l'avenir...

-          

- Il n'y a pas de rôle. Je ne crois pas avoir un rôle particulier. Chacun a le devoir de s'engager quand il le juge nécessaire. Là, je l'ai fait avec mon coeur et ma détermination.

 

4/09/07

Lu dans l’Est-Républicain - http://www.estrepublicain.fr/une/monde/art_533358.php

Publié dans bp44036

Commenter cet article